Plantes médicinales
Quand j’étais petite, je voulais devenir herboriste. Je dévorais tous les ouvrages qui parlaient d’herbes médicinales, je suis allée prendre des leçons
chez l’herboriste du quartier et j’ai commencé à préparer mes propres onguents.
J’achetais tous les livres que je trouvais à ce sujet. J’ai réussi à remplir deux bibliothèques entières de ces ouvrages.
En Flandre, j’ai transformé notre triste jardin terne, sans vie et recouvert de pavés en un jardin extraordinaire, qui comptait pas moins de cent
espèces différentes d’herbes médicinales.
Après avoir obtenu mes deux diplômes universitaires, je suis allée faire des recherches ethnobotaniques au sein de tribus indiennes d’Amazonie.
L’ethnobotanique signifie « botanique du peuple » et vise à comprendre quelles sont les herbes médicinales utilisées pour guérir certains maux.
C’était le métier de mes rêves et je pensais ne jamais quitter cet endroit. Malheureusement, mon rêve ne s’est pas réalisé : je pensais que les tribus
indiennes vivaient dans un véritable paradis, mais les Indiens désiraient faire partie du monde matérialiste de l’Occident. J’ai reçu de nombreuses
demandes en mariage, non pas parce qu’ils m’aimaient, mais parce que je représentais pour eux un aller simple pour la prospérité occidentale. La
nouvelle génération essayait particulièrement de reproduire notre mode de vie.
On voit ici la génération plus âgée et la jeune génération :
Je ne leur en ai évidemment pas voulu. Si elle est votre environnement habituel, la nature est considérée comme un aspect normal de votre vie. Ce n’est
que quand la nature vient à manquer que l’on commence à lui accorder une certaine valeur.
Je suis donc rentrée en Belgique en ayant abandonné mon rêve, mais gagné en expérience. Je préfère vivre dans un environnement capitaliste, entourée de
personnes écolos et d’initiatives pour préserver l’environnement que dans un paradis pour les écologistes, entourée de personnes qui ne rêvent que d’un
mode de vie matérialiste.
C’est à ce moment que j’ai décidé d’adopter un mode de vie plus écologique.
En ce qui me concerne, l’utilisation d’herbes médicinales va de soi. Le matin, je bois soit du thé d’ortie, connu pour ses vertus purifiantes, soit du
thé à la menthe, en raison de son effet rafraîchissant. Le soir, je bois du thé à la camomille, à la mélisse officinale, au tilleul, à la lavande, ou
un mélange de ces herbes, car elles sont apaisantes. Quand suis dans un état grippal, je bois du thé aux fleurs de sureau, quand j’ai un rhume, du thé
au thym et quand j’ai mal à la gorge, du thé à la réglisse.
Je n’ai rien contre la médecine moderne et je suis très reconnaissante des progrès qui ont été réalisés. Je trouve cela génial qu’une analyse de sang
permette de déterminer notre état de santé.
Il y a quelques années, lorsque je souffrais de troubles intestinaux et gastriques, j’étais très
contente que les médecins puissent, au moyen de divers examens internes, déterminer que l’origine de ces troubles n’était pas dans mon système
intestinal ou dans mon estomac. J’ai donc pu exclure cette piste et je me suis tournée vers certains allergènes de mon alimentation.
J’ai également vécu de graves complications lors de ma dernière grossesse. La vie de mon enfant était
en danger, j’avais perdu beaucoup de sang et nous nous sommes donc rendus à l’hôpital, morts de peur que notre bébé ne survive pas. À ce moment, vous
pleurez de joie que l’échographie puisse vous dire que le coeur de votre bébé bat encore !
Je fais donc appel à la médecine moderne sans rechigner, en raison des examens qui peuvent déterminer la cause d’un trouble.
Nous voulons être aussi indépendants que possible à tous les égards. Nous voulons éviter les appareils électriques, ne pas gaspiller l’eau potable et
ne pas faire partie de la société de consommation, dans la mesure du possible.
Nous ne voulons pas non plus trop dépendre des médicaments : dans ce domaine, nous voulons aussi pouvoir être autonomes.
Comprenez-moi, si nous constatons un réel problème ou si nous sommes très malades, nous prenons bien évidemment des médicaments et nous sommes rassurés
de pouvoir aller à l’hôpital ! Mais nous préférons toutefois avoir recours aux méthodes d’autrefois pour les petits bobos.
De nombreuses personnes pensent que lorsqu’il s’agit d’herbes, ça ne peut pas leur faire de tort. Cependant, utiliser les herbes de la mauvaise façon
peut être dangereux!
Un exemple : le millepertuis perforé est souvent utilisé pour lutter contre la dépression. Si vous prenez la pilule et ensuite du millepertuis perforé,
les effets de la pilule ne seront plus garantis. Si vous souffrez de dépression, une grossesse non désirée n’est vraiment pas ce dont vous avez
besoin.
J’ai longuement hésité à écrire ce blog, car je ne voulais pas devenir un oracle pour toutes sortes de plaintes ou de maladies. Ne vous adressez donc
pas à moi pour ce genre de questions, demandez plutôt conseil à un phytothérapeute professionnel ou à un herboriste.
En écrivant ce blog, je veux simplement souligner que je prends beaucoup de plaisir à appliquer et à fabriquer toutes sortes de remèdes grâce aux
vertus des plantes médicinales et aux connaissances d’autrefois.